Du temps pour Soi La magie S'aimer

Entendre Sa Magie

S’entendre soi. Entendre sa petite musique. Ressentir ses contours. Sentir ses pas sur sa route. Laisser venir à soi sa propre magie…

Comment fait-on ça ?

Vous, je ne sais pas. Peut-être comme moi, peut-être autrement. Je vais vous dire quand le Ciel me parle, quand les feuilles se penchent, quand mon coeur bondit, quand je crois en tout . Je ne suis pas folle vous savez (quoique… ).

Emily Dickinson disait : « I am out with lanterns, looking for myself » (Je sors avec des lanternes, je me cherche)

Ces moments ne sont pas si rares mais ils sont très précieux, se manipulent et se capturent avec une attention à soi subtile et désirée.

Il faut des tas de choses combinées, ou un gros effort de ma part, une volonté intense ou vitale pour que je m’autorises à me mettre en condition de magicienne.

Souvent, je n’ai pas le temps, je suis happée par le quotidien, je suis en prise avec le terre à terre, l’essentiel, la vie commune, la maternité, le travail, le chemin presque trop tracé de chaque jour, les miettes sur la table, l’horaire du bus, les chaussettes trouées, le lait à racheter, une équerre, des masques ! Les devoirs, la fatigue, le changement de saison, mettre le réveil, réviser les leçons, repasser le linge. Rien que cela. La semaine se déroule sur la promesse d’un week-end où il y aura du temps pour tout. Le week-end se délite dans un besoin d’arrêt et de pause de ce reste à faire étouffant, continu . La roue tourne sur elle-même.

Il y a pourtant des moments de grâce. Ils peuvent attraper mon coeur à des heures perdues, hop une musique ici, hop une lumière là, hop dix minutes au jardin, hop une poésie urbaine, une image, une photo, un sourire, quelques mots entendus, une main dans la mienne, une rose nouvelle, des vagues du sel du vent, un voyage en train, une idée, une rencontre, une promesse, une caresse, une bulle, une couleur, un nouveau livre, un instant de grâce, un petit quelque chose fait soudain basculer la tendance, renverse la vapeur. Une apparition, un espace dans un monde parallèle, différent, plus léger, compréhensible, possible : un monde immense . Un monde à Soi. Et tout devient plus doux.

Mon désir si fréquent de solitude est lié à cela. Cette sphère annexe où je bascule très vite quand je vis dans les fleurs, dans le ciel, dans les pages de mes livres, dans la bienveillance et les mots ailés des gens passionnés que je rencontre, que j’écoute, que j’entends, que je vois, que je lis. D’un coup, où mes pieds sont posés, je suis à ma place. Je sais pourquoi et qui je suis, je sais quoi dire, je me sens heureuse et généreuse dans ce que j’ai à partager et à recevoir du monde. Je suis dans mes contours, je ressens ma façon d’être au monde, je dessine ma propre réalité, parce que j’ai eu le temps de m’écouter et qu’il y a bien une place pour moi.

La magie est une parenthèse pour avoir le temps,

De regarder dehors.

De suspendre le temps.

D’accueillir des idées justes, nouvelles, et propres à mon coeur.

D’entendre mes manques, mes blessures, mon chagrin.

De voir mes miracles, mon combat, mes réussites, et de voir l’élan qui m’étreint et me pousse sans arrêt.

D’accepter la fatigue, le doute, la lassitude, le retard.

D’être d’accord avec le temps qu’il faut pour être tout cela.

De comprendre.

De créer, entendre, réaliser inventer, accoucher du monde imaginaire que je berce en mon sein.

Là, quand c’est entendu : la magie opère.

La magie c’est quoi ? Ma petite fille, hier soir, me demandait, regard croisé dans le miroir de la salle de bain, (piégée d’avance, j’étais), si le Père -Noël existait ? Grande respiration et décision ultime de ce qu’il faut répondre à une enfant magique et solaire, à qui la Lune raconte des histoires, pour qui la pluie nourrit le monde, à qui les étoiles filantes et les pièces brillantes sont autant de voeux merveilleux à lancer à l’univers. Ouf, à sa question elle rajoute, Qui ne croit pas à la magie ?

Je vous pose la question : Croyez-vous à la magie ?

Je crois à la magie !

La magie, c’est la pluie. C’est une lumière dans le ciel. Une fleur qui s’ouvre. Ce sont des mots amis, petit papier plié, petit message noté. Une voix au bout du fil. Une histoire racontée, une confidence. Un oiseau posté. C’est une boisson chaude. Un banc après une longue promenade. Discuter à l’abri de la pluie. Une chanson merveilleuse. Trois mots de poésie. Retrouver quelqu’un qui nous aime. S’offrir des ailes. Rencontrer quelqu’un qui comprend. Les mains dans la pâte, un gâteau dans le four, l’odeur du chocolat. Danser seule, bras ouverts, yeux fermés dans un lent mouvement de vie. Nager sous l’eau. Un texte qui tombe à pic, un voeux réalisé, le passage d’un oiseau. C’est une joie en soi, je veux dire, à l’intérieur. Unique. et Rare. Un cadeau que l’on s’offre. C’est demander une aide au monde. C’est aimer toutes les formes, tous mes choix et toutes les couleurs. C’est apprendre à savoir ce qui nous va le mieux. C’est choisir sa façon d’accueillir le monde autour mais se protéger soi. C’est savoir dire non tendrement et sûrement. C’est le pouvoir de protéger ses défauts, ses manquements sans se trahir ni avoir honte. C’est sortir des autres et entendre qui l’on est, sentir la justesse de tout quand on s’accorde cette seconde qui met tout à distance. La magie, c’est quand nous faisons taire le brouhaha du monde et que résonne en nous notre raison d’être, notre unité, notre façon d’être au monde. C’est avoir passé suffisamment de temps avec soi pour connaître cette part de possible en nous. Trop peu de gens le font, je crois.

C’est un état auquel l’on accède au bout de peu de temps de silence, de repli sain sur soi, ce moment de retrait, juste pour un temps, pour reprendre l’air qui manquait, cet air disponible qu’on ne sait plus respirer. C’est impalpable. C’est soudain et furtif. On cesse de ce comparer, de se demander, d’attendre le jugement, et ne reste plus que nous et la joie simple et pure d’être là. Soi. Unique. Vivant et Respirant.

Je vous souhaite de trouver comment cette magie vous enveloppe. Quels évènements de la vie vous transportent ? Quelles sont les joies simples qui changent la couleur d’un jour ? Quels sont les parades quand la pluie tombe drue ? Et toutes ces choses, ces gens, ces oublis, ces silences, ces façons d’être qui ne sont pas vous et dont vous ne voulez plus, pour laisser tout l’espace à la magie de ce monde, et à la magie en chacun(e) de nous à laquelle je crois fort, très très fort.

Je vous embrasse.

Cenina.

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