Des Livres pour revenir à Soi Les Livres magiques

Et le coeur qui bat

Aimez cela, aimez le fort, souffle Baby Suggs. Ici, là où nous résidons, nous sommes chair; chair qui pleure et rit : chair qui danse pieds nus sur l’herbe. Aimez tout cela. Aimez le fort. Aimez vos mains ! Aimez-les ! Levez-les bien haut et baisez-les. Touchez-en les autres, frottez-les l’une contre l’autre, caressez-vous en le visage. Vous devez aimer tout cela, Vous ! C’est de chair dont je vous parle, d’une chair qui a besoin d’être aimée. De pieds qui ont besoin de se reposer et de danser, de dos qui doivent être soutenus, de cou dressé bien droit. Aimez votre cou, honorez-le, caressez-le et tenez-le droit .

Aimez-le, aimez-le et le coeur qui bat, qui bat, aimez-le aussi . Ecoutez-moi bien, Aimez votre coeur. Car c’est votre Trésor.

Baby Suggs ( Grand-mère) – Beloved de Toni Morisson

Il paraît que Beloved est un des cent meilleurs livres de tous les temps. Il paraît aussi que c’est propre à chacun, ces histoires de livres, d’aimer, de ressenti etc. Mais ce livre se niche sur une étagère de la maison depuis des années maintenant. J’ai la certitude qu’il est merveilleux depuis son achat mais je ne sais….pour quelle raison les livres restent-ils dans l’ombre de nos coeurs si longtemps quand ils ont pourtant tant à nous dire ?

C’est parce qu’ils attendent qu’on soit prêt.

J’étais prête. J’ai vu l’image de sa couverture sur une story de Marie. Mon coeur a bondit. J’ai pensé à Toni, à son beau et doux et si fort visage, à ce rouge sur ses lèvres, à son sourire merveilleux. J’ai pensé à ces pages que Marie tournait dans le roulis de son train et de sa fatigue. J’ai lu, quand elle en a reparlé plus loin..mon coeur a bondit à nouveau. J’ai à mon tour traîné ma carcasse usée dans les librairies de l’île, et sans chercher, ai vu en tout premier ce Beloved me crier : il est temps !

J’ai résisté au désir fou de le racheter sur place, pour éviter la pénible attente d’être de retour pour enfin l’extraire de ces tréfonds oubliés.

Je l’ai commencé lentement, pages jaunies de vieillesse et de presque oubli. J’ai attendu que chaque nom se fixe sur un visage imaginé, j’ai entendu le clapotis de la barque, imaginé tellement de choses insupportables. J’ai oublié qu’il faisait chaud, qu’il était tard. J’ai plongé.

Lisez-donc ce diamant. Coeur rouge !

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2 commentaires

    1. Cenina a dit :

      Oui…

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