Créer Cuisiner Du temps pour Soi Ecrire La Femme to begin, begin Un lieu à Soi

Un jour entier, ou une semaine..

Je n’ai pas le temps n’existe pas.

Du temps pour créer.

Du temps pour lire.

Du temps pour marcher, pour courir.

Du temps pour dessiner.

Du temps pour cuisiner.

Du temps pour dormir, pour revasser, pour rêver, pour jardiner, pour se promener.

Du temps pour écrire.

Du temps pour vivre, du temps pour soi.

Je connais nombre de personne et j’en fait trop souvent partie qui me dirait « je n’ai pas le temps » à ma question de quand elles s’arrêtent ?

J’ai le souvenir de mercredi matins en congé parental, pendant que mon bébé dormait, et mon grand enfant jouait dans la cour de l’école, je rentrais à pied dans la fraîcheur du matin, faisait bouillir de l’eau pour un thé, faisait mousser un bain, cherchait un livre où me plonger et passait ainsi mon matin, peau fripée et sucrée, riche de ma lecture silencieuse, et usant des quelques instants qui restaient pour écrire, dans mon carnet ligné, sous la tonnelle aux kiwis.

Je retrouvais alors, midi sonnant et les mamans de l’école, l’une heureuse de ses courses faites, l’autre ravie du sol propre et brillant, moi, un peu timide et silencieuse acquiesçant à leur joie, souriant au dedans de ce bain merveilleux, de ce moment offert qui m’avait, nul doute, procuré plus de bonheur qu’un frigo bien rempli, un tapis épousseté.

Ma maison n’était pas pour autant en désordre. Je ne délaissais pas pour autant mes enfants. Juste, je décidais que ces tâches ménagères n’avaient pas lieu d’être dans ces moments rares et précieux de solitude. Juste , je décidais que lire, écrire, rêver, ou prendre un bain était PLUS IMPORTANT que le reste, qu’il fallait user de ces heures précieuses, comme d’un cadeau.

Femme. Mère. Quand nous sommes-nous seules ?

Demander du temps

Il faut le demander ce temps. Il faut le prendre. Il faut veiller à ne pas accepter vainement la capture de ce temps par le quotidien kidnappeur, il faut veiller comme le prince à sa rose, à garder pour soi des moments de repli, des instants de retraits, des creux dans les vagues, du repos.

Nous cherchons facilement des excuses.

Nous attendons patiemment, la promesse faite, que les choses démarreront quand nous aurons devant nous plusieurs jours à la suite.

Nous attendons de disposer de temps, comme s’il devait un jour tomber du ciel, nous être offert. ( il ne le sera pas ;-)).

Mais le temps est le même pour tous. Le temps est ce que nous en faisons.

Il faut simplement se poser et dire NON à la moitié de ce que nous croyons DEVOIR accomplir. NON aux tâches multiples et incessantes, toutes plus urgentes et importantes. NON au fait de remettre à plus tard. NON au doute. NON aux excuses innombrables ( manquer d’outils, manquer d’argent, manquer de talent, manquer de confiance, s’interrompre trop fréquemment, autoriser les autres à nous interrompre) et finalement laisser notre projet se défaire, se vider de sa substance, et mourir.

C’est à nous de créer cet espace. A nous de nous offrir ce temps. A nous de le protéger, comme on sait si bien protéger nos enfants, nos amours. A nous de créer un endroit de repli, à nous de sortir du lit, à nous de contourner les pièges du doute et de la procrastination, à nous de nous rester fidèles.

A nous de nous aimer et de le faire.

Et de le faire encore.

Il faut se prêter aux autres et se donner à soi-même

Montaigne

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Ne pas avoir peur

Souvent, en se cachant derrière ce temps fuyant, on ne fait que se rassurer.

Quelquefois, c’est la peur d’être grand qui nous empêche de nous affirmer.

Créer, c’est difficile. On prend le risque d’échouer, certes. Mais le plus grand danger, c’est de réussir.

D’y arriver. De se confronter à soi .De l’avoir fait. De voir en face ce que l’on vaut, ce dont on est capable.

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Un vent mauvais

On ne peut donner naissance à des créations artistiques que dans les moments que l’on vole.


Parfois, trop souvent même, l’entourage ne comprend pas ou ne respecte pas ce désir de création . C’est à la femme de faire comprendre que l’espace n’est pas libre, qu’il n’attend pas d’être comblé, qu’elle est en train de construire dans sa tête son fragile château de cartes et que si elle parvient à le transporter jusqu’à la table sans qu’il s’effondre, elle réussira à rendre visible une image du monde invisible. Lui parler à ce moment là, c’est faire souffler un vent mauvais qui va tout faire voler en éclats. C’est lui briser le coeur. (extrait de Femmes qui courent avec les loups )

Il faut un instant, un moment, un rituel une habitude, un lieu, une porte qui se ferme.

Il faut se DONNER ce temps, se l’OFFRIR, S’EN FAIRE cadeau.

Il faut se convaincre qu’on le MERITE. Et ne pas attendre d’avoir un jour entier ou une semaine pour se consacrer à prendre du temps pour soi..

Je me lève le matin très tôt pour écrire, je profite des trajets en voiture un peu longuets du matin pour écouter des podcasts fabuleux, je dessine le soir dix minutes et souvent le week-end. Je me couche tôt pour lire, tous les soirs de semaine. Je trimballe avec moi des carnets pour les mots et les idées sans heures, je ne regarde pas la télé, je lis en déjeunant quand ils sont à l’école et que je suis seule au travail. Je ferme la porte de mon bureau quand j’ai besoin d’être isolée et apprend à la laisser ouverte quand je suis d’accord pour être « dérangée » et que je fais une activité qui ne nécessite pas de concentration extrême. Je protège mon temps, je dis NON, mais je dis OUI aussi. C’est une question d’équilibre. Un combat énorme contre la Culpabilité.

Je vous souhaite du temps pour être, regarder, admirer et sentir. Du temps pour observer, reproduire, entendre et réaliser. Du temps pour un thé, du temps pour un livre dans un salon d’automne, sous une lampe allumée, à l’ombre d’un figuier d’été, sur une plage isolée, dans votre lit bien chaud. Du temps pour prendre un bain de Lune, de mousse ou de minuit, du temps pour les rivières, les pinceaux et les mots. Du temps pour courir vers soi, du temps pour attendre. Je vous souhaite le temps d’un ciné, que le thé refroidisse, que le vent vous caresse le cou, les joues, le nez. Du temps pour voir le générique. Du temps pour faire ce sport, pour voir cet ami, pour cette expo. Du temps pour dormir et vous reposer. Du temps pour panser vos chagrins et vous réparer. Du temps pour réfléchir, pour choisir, renoncer.

Ce temps ne viendra pas. Prenez-le.

Prenez soin de vous

Cenina.

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